Tout système éducatif évolue, voire se transforme au gré des réformes décidées par les autorités ministérielles qui, dans leurs intentions déclarées, prétendent l'améliorer. Ces "améliorations" relèvent d'analyses politiques, financières, éducatives et ... pédagogiques et ne sont pas toujours comprises ou acceptées par les enseignants et les chefs d'établissement pour peu que leurs répétitions et leurs contradictions ne viennent créer du trouble chez ceux qui sont sur le "terrain" et qui vivent, dit-on la réalité des élèves... Parfois ces propositions rejoignent pertinemment les préoccupations des enseignants qui s'engagent alors avec bonne volonté dans ces changements proposés.

Les exemples ne manquent pas aujourd'hui, en examinant les réformes successives du primaire, du collège et du lycée, de repérer la variété de positionnements vis-à-vis des réformes, au niveau des établissements et de ce qui se passe réellement dans leurs classes. Il est toujours difficile d'évaluer objectivement les écarts entre les annonces ministérielles et leur impact sur les pratiques pédagogiques. Entre les résistances habituelles des uns et les engouements des autres, il est bien nécessaire de trouver un chemin qui permette l'amélioration de l'apprentissage du plus grand nombre d'élèves.

En fait, il devient plus que jamais utile de retrouver, dans ces évolutions de l'école, du collège et du lycée de la continuité et en quelque sorte, les invariants de ces évolutions dans la durée que l'on ne peut que souhaiter "durables". Ainsi, les propositions de réformes deviennent une occasion intéressante de confrontations avec ses propres pratiques pédagogiques, didactiques, mais aussi avec l'organisation de l'établissement quant aux conseils de classe, aux dispositifs d’accompagnement et d'orientation des élèves, aux modalités de leur évaluation par compétences...

Nous avons constaté, dans de nombreuses situations et des contextes culturels très différents, que les propositions de réformes étaient mieux accueillies, lorsque les équipes éducatives étaient précisément, déjà en réflexion et en renouvellement fréquent de leurs activités professionnelles. Plus les enseignants sont en mouvement dans leurs pratiques pédagogiques, plus ils peuvent analyser, critiquer mais aussi adopter les contenus de réformes, en tout cas, les adapter à leur situation singulière.

S'il revient au Chef d'établissement, de garder le cap dans le Projet éducatif de l'Institution et dans son organisation conséquente, les enseignants doivent progressivement « changer de métier » pour intégrer des innovations et de nouvelles connaissances didactiques (apports des neurosciences, du numérique...) pour prendre en considération les transformations sociétales et culturelles et les nouvelles attitudes et motivations de leurs élèves quant à leurs propres apprentissages. C'est ainsi le moment de s'interroger sur les registres anthropologiques et philosophiques, et de chercher à refonder l'éducation dans sa dimension humaniste et clarifier ainsi, les risques d'un transhumanisme porteur de malentendus.

Le Projet des formateurs du CEPEC, à l'occasion de cette proposition de formation, est à la fois modeste et déterminé. Modeste, car l'offre des stages ne prétend pas face à ces nombreux enjeux, apporter des réponses suffisantes mais elle est une contribution grâce à laquelle nous voulons continuer à affirmer que la formation continue est un levier essentiel pour notre époque et qu'il s'agit de lui redonner toute sa force et sa dynamique. Certes, les apports de la formation initiale et de la mastérisation ont significativement modifié les défis et les impacts de la formation continue des enseignants. Mais dans le contexte actuel, devant les nécessités de transformations de l'école ponctuées par des réformes, les dispositifs de la formation continue doivent trouver une nouvelle place, une nouvelle fonction, de nouvelles responsabilités.

Nous souhaitons donc vivement, que les propositions du CEPEC soient une contribution forte pour l'année scolaire 2018-2019 et favorisent ainsi une éducation et une formation toujours plus pertinentes, au service des élèves.

Au nom de l'équipe du CEPEC,
Charles DELORME
Directeur