Renouveler les relations entre établissements, enseignants et formateurs…

Face aux nombreux bouleversements et incertitudes qui caractérisent notre époque - et à leurs conséquences sur la qualité des échanges entre les enseignants et les élèves, ou entre les formateurs et leurs stagiaires - il devient urgent d’améliorer la communication entre les différents acteurs éducatifs et de retrouver des occasions propices à l’écoute, au respect de l’autre et à une bienveillance partagée.

La récente et difficile période du « confinement » a été l’occasion pour de nombreux élèves, enseignants et formateurs de vivre des situations nouvelles de travail ou d’apprentissage «distanciels» qui ont révélé des possibilités inattendues et ont pu favoriser des interactions jusque-là peu développées. Ainsi pouvons-nous avoir le sentiment d’entrer dans une nouvelle époque, riche en découvertes, en possibilités d’autonomisation et de partage. Pour autant, il a été fréquent d’observer de la fatigue, voire une certaine lassitude, dans un usage récurrent, voire excessif, des outils « à distance ». Cela a ainsi pu conduire à une redécouverte de l’échange de proximité, où la communication se joue dans une relation corporelle et où la présence à l’autre se vit immédiatement, sans les risques inhérents à une mise à distance de l’autre, sur un mode protégé, sinon défensif.

De manière analogue, sur le plan de l’organisation de la formation des adultes en général et au sein de l’Enseignement Catholique en particulier, on observe une volonté forte de rationalisation, voire d’un usage excessif de la planification informatisée et d’une bureaucratisation des échanges. Le risque est alors important d’une réduction, sinon à un empêchement, des échanges de proximité et de la créativité des acteurs de l’éducation et de la formation.

Comment alors trouver un nouvel équilibre entre la rationalisation et les nombreuses possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et le partage interactif nécessaire entre praticiens et chercheurs ? Sur ce plan, la priorité pourrait bien être de renouer avec des temps et des espaces davantage marqués par la convivialité et la possibilité de créativité, tant dans les apprentissages que dans les prises de conscience pour une solidarité non seulement avec son environnement immédiat mais ouvert au devenir de notre planète.

L’organisation de notre nouvelle offre de formation tient évidemment compte de ce contexte en pleine mutation et intègre ainsi une réflexion sur l’utilisation du «distanciel», comme nouvelle modalité pédagogique de travail avec les élèves, mais également entre enseignants. Nous réaliserons à ce titre une journée de mutualisation des expériences et des innovations vécues par les enseignants durant la période du confinement.

Nos choix de contenus de formation tiennent aussi et surtout compte des besoins exprimés en établissement et recueillis par nos formateurs, pour la majorité enseignants, qui vivent les mêmes   réalités de terrain. La mise en œuvre des réformes, en particulier celle du Lycée, les relations à l’intérieur d’une communauté éducative, la gestion présence/distance, les temps de travail et d’apprentissage, l’accompagnement et l’autonomie des élèves, l’évaluation et le contrôle continu, la place des outils de suivi… doivent rester des priorités. Les propositions de formation présentées dans ces pages invitent les équipes enseignantes à se questionner et s’outiller sur ces différents registres.

Alors que les conditions de la rentrée et du déroulement de l’année sont encore incertaines, il nous faudra faire preuve de créativité pour inventer de nouvelles formes de solidarité au service des jeunes, qui auront besoin, plus que jamais, de la présence et de l’accompagnement d’Educateurs…

A bientôt, pour de nouveaux projets, « passion d’Espérance » !

L’Equipe du CEPEC

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