Apprendre à lire et à écrire des textes au cycle 3
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Marie-Noëlle SIMONARD
Nicolas LACOSTE

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Vous pouvez trouver des travaux du CEPEC plus récents sur le thème de la réécriture avec ou sans traitement de texte à l’adresse
suivante » avec un lien vers le site Réécrire :http://www.cepec.org/primaire/reecrire/

1 - Les apprentissages en questions
A - «Les élèves ne savent plus lire ni écrire!»
Lorsque que l'on aborde des questions de lecture et de production d'écrits avec des enseignants de cycle 3, on a souvent le sentiment de toucher à un sujet très délicat. Sans doute parce que certains professeurs, relayés par les médias, dénoncent avec véhémence la baisse de niveau des jeunes collégiens, et incriminent ainsi, implicitement, l'enseignement dispensé au primaire.
Cet article n'a pas pour intention de prendre partie dans ce débat … Pourtant force est de constater, qu'au sortir du primaire, de nombreux élèves éprouvent des difficultés à lire efficacement ou produire des écrits dans des situations diverses.
Face à cet état de fait, nous souhaitons proposer quelques pistes de réflexion et d'action pour mieux penser et organiser l'apprentissage des compétences de communication.

B - Qu'attend-on des élèves au collège ?
Les professeurs de collège souhaiteraient que les élèves de sixième sachent lire efficacement une consigne, faire un compte-rendu oral d'une lecture personnelle ou identifier rapidement le sens d'un texte. De même, les enseignants des différentes matières aimeraient que les élèves de sixième soient capables de rédiger un texte cohérent, soit au terme d'une recherche documentaire, soit pour argumenter un résultat en mathématiques ou bien encore pour communiquer les résultats d'une expérimentation …
Or, les élèves ont-ils appris, au cours de leur scolarité élémentaire, à gérer la diversité des situations de lecture et de production d'écrits qu'ils rencontrent au collège ? Ont-ils été efficacement préparés à leur "métier d'élève" ? Au collège, il ne suffit pas que les élèves sachent lire ou écrire dans le cadre des cours de français. Dans toutes les disciplines il leur est demandé de savoir lire et écrire pour traiter de nombreuses informations.
Comment l'enseignement qui leur est proposé à l'école primaire les prépare-t-il à maîtriser ces savoir-faire ?
 
C - Que propose-t-on aux élèves de cycle III ?
Le souci de pouvoir traiter tout le programme de grammaire, d'orthographe et de conjugaison et la volonté de garantir aux élèves la maîtrise d'un vocabulaire riche et varié ne poussent-ils pas trop de maîtres à privilégier l'enseignement de toutes ces notions ? Or, tous les enseignants savent, par expérience, que l'enseignement des règles de grammaire, de conjugaison ou d'orthographe ne garantit pas à lui seul la maîtrise des compétences de communication attendues d'un élève de fin de primaire. Cet enseignement permet aux élèves, dans le meilleur des cas, de comprendre et mémoriser des connaissances. Il ne leur garantit pas de savoir les faire fonctionner à bon escient.
Pourtant, l'enjeu essentiel se situe bien à ce niveau. Que nous importe, en effet, que les élèves sachent réciter, ou appliquer dans des exercices scolaires, des règles d'accord ou de conjugaison s'ils n'utilisent pas ces connaissances pour mieux comprendre le sens d'un texte ou réussir à communiquer efficacement par écrit ?
Combien d'élèves ont conscience, en situation de lecture ou d'écriture, que le choix d'un temps verbal, l'emploi d'un pronom relatif, d'un mot de liaison ou d'un terme précis influence le sens d'un message ?
Combien d'élèves ont conscience de ce qui différencie et caractérise les différents écrits qu'ils utilisent ou qu'ils produisent ? Combien d'élèves maîtrisent ce qui est essentiel pour raconter, pour expliquer, pour décrire ou pour faire agir ?
 
D - Organiser la formation autour de la maîtrise de situations de communication
Les compétences de lecteur ou de producteur d'écrits que l'on est en droit d'attendre des élèves du cycle 3 se situent à ce niveau.
Les lecteurs efficaces sont, en effet, les élèves qui savent adapter leur comportement de lecteur à leur projet. Ils ne lisent pas de la même façon un récit ou un document scientifique. Ils ne lisent pas un texte de la même façon si leur but est de rechercher une information précise ou s'ils se préparent à en faire une présentation orale.
Pareillement à l'écrit, un élève compétent procède différemment en fonction du but recherché et du destinataire visé : raconter une histoire pour des enfants de cycle 2 ou pour l'adresser aux correspondants, présenter un événement sur un ton humoristique ou "administratif" …
Au cours de leur scolarité primaire, les élèves devraient pouvoir s'exercer à gérer des situations de communication très variées. En effet, seule la confrontation à des projets de lecture ou de production d'écrits vraiment différents peut leur permettre de s'entraîner à réfléchir efficacement et à faire des choix judicieux et pertinents.
 
E - Privilégier l'entraÎnement de processus mentaux
S'il n'est pas question de contester l'importance du rôle des connaissances dans la maîtrise des compétences de communication, notre propos vise à souligner que les connaissances en elles-mêmes ne suffisent pas à générer de telles compétences. Les situations de formation qui sont proposées aux élèves doivent leur permettre d'entraîner des façons de réfléchir qui leur permettront d'utiliser leurs connaissances afin de sélectionner les indices lexicaux, orthographiques ou grammaticaux porteurs de sens pour produire ou comprendre des messages.
Les façons de réfléchir correspondent aux processus mentaux, aux activités mentales qui permettent à un lecteur de lire et à un auteur d'écrire. Les processus mentaux propres à la lecture et ceux propres à l'expression écrite sont présentés ci-après successivement.
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Processus mentaux en jeu dans la lecture.
 
• adapter sa lecture à la situation, au projet de lecture et au type d'écrit ;
• comprendre, construire du sens pour sélectionner des indices pertinents, formuler des hypothèses et les vérifier ;
• mobiliser des habiletés visuelles pour discriminer les indices et utiliser un champ visuel "large" ;
  mobiliser des connaissances à propos de la situation de lecture rencontrée, des caractéristiques du texte et du code de l'écrit
 
Ce sont ces processus mentaux qui permettent au lecteur :
- d'identifier son projet de lecture et choisir une stratégie adaptée, faut-il tout lire ou procéder par balayage rapide ?
- de se poser des questions sur le sens qu'il construit, d'anticiper sur la suite du texte, de mettre en relation les informations prélevées et ses connaissances antérieures …
 
 
 
Un élève qui procède ainsi est capable d'utiliser au maximum les informations contenues dans un texte pour en construire de nouvelles, d'établir des relations entre les informations d'un texte et celles déjà en mémoire, de construire par lui-même des éléments d'informations non explicités.

Processus mentaux en jeu dans la production d'écrits.
 
Planifier ;
- se représenter les caractéristiques de la situation de communication, quels en sont les enjeux, qui est destinataire
- se remémorer des textes de même nature
- sélectionner les idées, les informations utiles et pertinentes
Mettre en texte ;
- sélectionner les indices à placer dans le texte pour qu'il soit cohérent
- respecter les caractéristiques du type de texte choisi (texte qui raconte, explique ou démontre …)
- choisir des modes "d'entrée" et de clôture cohérents entre eux et avec l'enjeu du texte
- utiliser de façon adéquate les éléments grammaticaux ou lexicaux adaptés au sens et à la forme du texte
Réviser, reprendre, améliorer ;
- relire en se mettant à la place du destinataire
- apprécier l'adéquation du texte produit aux buts
- supprimer les éventuelles contradictions ou ambiguïtés
- introduire les éléments d'information nécessaires
- "mettre au propre" en choisissant les outils, le support et la mise en page adaptés

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F - S'entraÎner sur des textes variés.
La grammaire scolaire, qui a été créée pour résoudre les problèmes d'orthographe, fonctionne comme un système de description de la langue : "comment ça marche" plutôt que "comment l'utiliser". Les élèves ne savent généralement pas réinvestir leurs connaissances sur le fonctionnement de la langue dans des activités d'écriture et de lecture.
Depuis une vingtaine d'années, on a commencé à considérer la grammaire dans une perspective communicative. Cette approche conduit à dépasser le niveau de la phrase pour considérer le texte dans son ensemble, en lien avec ses enjeux. Selon les situations de communication, les enjeux des textes sont considérablement différents. Certains textes ont pour fonction de raconter, d'autres d'expliquer, décrire, faire agir … Ces enjeux influencent le fonctionnement du texte, sa structure, la façon dont l'information progresse, mais aussi le registre de langue et le lexique.
Un lecteur compétent sait mettre en œuvre des façons de lire différentes adaptées aux différentes situations, en fonction des textes et de ses projets. Il ne lit pas une recette de cuisine comme un fait divers, ni un fait divers comme un article scientifique.

Pourtant, certains élèves ne font pas de distinction entre leurs façons de lire, abordant un énoncé de problème comme un récit ou effectuant une lecture systématique pour trouver une information précise dans un texte documentaire. Ces élèves se posent des questions identiques quel que soit le type d'écrit qu'ils rédigent. Des questions qui portent davantage sur des aspects ponctuels (correction des phrases ou orthographe) que sur des aspects textuels (cohérence global du texte, respect du but poursuivi …).
Pour permettre aux élèves d'effectuer des apprentissages qui ont du sens, il est nécessaire de leur proposer des activités de lecture et de production d'écrits finalisées par des situations de communication qui mobilisent des textes de types variés.
Pour gérer la variété des types de textes, nous empruntons aux travaux de J.M. ADAM la classification suivante :

Type de texte

 narratif

descriptif

explicatif

injonctif

argumentatif

rhétorique

 

enjeu

but

 

pour raconter

 

pour montrer, donner à voir

 

pour faire comprendre

 

pour donner les moyens d'agir

 

pour convaincre, défendre son point de vue

 

pour créer un effet esthétique, une émotion

 

 

formes

ou

genres

de

textes

 

conte,

nouvelle,

roman, reportage,

fait divers,

bande dessinée

 

 

portrait,

passage d'un roman,

guide touristique, inventaire

 

encyclopédie,

documentaire,

texte de manuel scolaire,

revue technique

scientifique,

historique

 

recette,

notice,

consigne,

mode d'emploi

 

dossier,

article de presse,

slogan publicitaire,

discours politique

 

 

poème,

chanson,

proverbe


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2 - Construire une répartition pour le cycle III
 
A - Qu’est-il indispensable que les élèves maîtrisent en fin de cycle 3 ?
 
Si savoir lire, savoir écrire, c’est être capable de résoudre des situations dans lesquelles on a besoin/envie de lire ou d’écrire, pour mener à bien un projet, alors il est essentiel que les enfants apprennent peu à peu à se confronter à ce type de situations, et à se construire des moyens pour les résoudre :
- Qu’ils apprennent par exemple, en lecture, à sélectionner les informations importantes d’un article de journal pour en faire une présentation orale à l’ensemble de la classe, plutôt qu’à répondre à des questions posées par l’enseignant au sujet de cet article. Parce que c’est ainsi qu’ils apprendront à lire efficacement,  en se posant des questions essentielles pour mener à bien leur projet, et en allant à la recherche des indices qui leur permettront d’élaborer des hypothèses de réponses.  Parce que c’est la réussite même du projet qui leur permettra de vérifier qu’ils ont effectivement bien “lu” le document.
 - Qu’ils apprennent par exemple, en production d’écrits, à faire la description d’un lieu dans le cadre d’un projet de jeu organisé sur l’ensemble de l’école, où les camarades des autres classes auront à associer textes descriptifs et photos. Parce que l’enjeu de communication sera à la fois une invitation à écrire et une incitation à « bien » écrire. Parce que ce sera, pour chacun des enfants concernés par le projet, l’occasion de se poser de « vraies » questions d’écriture :  Est-ce que les destinataires comprendront ? Est-ce qu’ils seront intéressés ?…
Nous faisons l’hypothèse que les élèves réinvestiront mieux  alors les apprentissages relatifs à la structure du texte, au vocabulaire ou à l’orthographe que si le seul enjeu de la réussite réside dans la note qu’ils obtiendront… ou dans les cases cochées sur la grille d’évaluation !
Aussi est-il indispensable de bien identifier, à chacun des niveaux du cycle, les tâches que les enfants apprendront à maîtriser  pour mener à bien des projets de communication écrite.
 
 
B - Comment choisir les situations de communication à maîtriser à chaque niveau du cycle ?
 
Il est important de veiller à la fois à ce que les élèves se confrontent chaque année à des situations suffisamment diversifiées, et  qu’ils aient la possibilité de réinvestir d’une année à l’autre ce qui a été acquis.
Il n’est pas possible ici de présenter une progression “idéale”, dans la mesure où elle reste très liée aux projets organisés à l’intérieur de chaque classe ou de l’école. Nous souhaitons plutôt proposer, dans les pages qui suivent, deux outils permettant d’élaborer cette répartition :
- Un tableau présentant les différents types de textes et “enjeux” des situations d’écriture ou de lecture (voir, page …). Dans chaque domaine, il est possible de repérer des situations de plus en plus complexes, au fur et à mesure de l’avancée dans le cycle
- Une liste d’apprentissages ponctuels qui permettront de mieux maîtriser la situation de lecture ou/et de production d’écrit (voir page …). Il est alors possible de décider, en équipe de cycle, de ceux qui seront prioritaires à chacun des niveaux du cycle.

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C - Organiser l’apprentissage, pour maitriser des situations ou on “lit pour”, ou on “ecrit pour”…
 
Les situations proposées dans l'exemple de répartition sont “complexes”, puisque mettant en jeu des processus mentaux et mobilisant de nombreuses connaissances. Comment en organiser l’apprentissage pour que la réussite du projet soit significative de la mise en oeuvre de compétences de plus en plus maîtrisées, comment faire pour que la médiation de l’enseignant s’avère de moins en moins nécessaire pour mener à bien la tâche complexe de lecture ou d’écriture ?
Nous proposerons ici quelques “principes” ou “points de repères” pour organiser des séquences d’apprentissage. Ce ne sont pas des “recettes magiques” qu’il suffirait d’appliquer pour que l’apprentissage ait lieu, mais plutôt des moyens de réfléchir l’organisation de la classe, d’analyser les difficultés rencontrées et de construire des pistes de solution.
 
C1 - SE REPRESENTER LE PROJET A REUSSIR
 
Annoncer le projet, s’y référer tout au long de l’apprentissage, c’est offrir aux élèves la possibilité d’anticiper sur le but à atteindre, à plus ou moins long terme. En se représentant par exemple la situation dans laquelle ils feront un exposé à leurs copains, à partir de la lecture d’un article de journal et ce qu’ils auront besoin de savoir faire alors, ils pourront anticiper sur les moyens à mettre en oeuvre pour mener à bien le projet, ces moyens pouvant être aussi bien matériels que cognitifs. Tout au long de l’avancée de l’apprentissage, la réussite de ce projet sera en quelque sorte le “moteur” qui dynamisera l’ensemble des activités proposées.


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EXEMPLE DE REPARTITION POUR LE CYCLE 3

RACONTER

 

DECRIRE

EXPLIQUER FAIRE CONNAITRE

FAIRE AGIR

JOUER AVEC LES MOTS

CONVAINCRE

CE 2

-Terminer un court récit 

 -Transformer un récit en bande dessinée 

- Lire à haute voix un court récit à … en se répartissant les rôles dans les passages dialo­gués 

- Insérer de courts pas­sages décri­vant les per­sonnages dans un récit 

- Dessiner le personnage décrit dans un récit 

- Rédiger un questionnaire d’enquête 

- Communiquer oralement aux copains de la classe une connaissance nouvelle sur… trouvée dans un document 

- Après avoir réalisé une ex­périence, écrire une fiche per­mettant à d’autres élèves de la réaliser  

- Suivre les explications d’une fiche pour conduire une expérience 

- Trouver des poèmes sur un thème donné, ou d’un auteur donné, ou … 

- Ecrire un poème à partir d’une structure répétitive 

- Ecrire une lettre à… pour lui expliquer pourquoi il est important de … 

 

CM 1

- Ecrire un conte pour… 

- Rédiger un questionnaire sur un livre lu (cf. défi lecture)

- “Jouer” un conte 

- Lire des albums à des enfants de Maternelle 

- Ecrire le por­trait  d’un per­sonnage pour que quelqu’un le dessine 

- A partir des passages des-criptifs d’un conte, réaliser le dessin du dé­cor (pour jouer ce conte) 

-- Réaliser une page (texte et   dessins) d’un livre expliquant  ce qui a été appris lors d’une visite ou enquête  

- Réaliser un schéma à partir d’un texte scientifique expliquant … 

- Réaliser un pan-neau pour…

 

- Rédiger la fiche expliquant com-ment réaliser une construction géométrique donnée 

- Utiliser l’ordi­nateur en suivant les consignes affichées sur l’écran et sur une fiche guide d’utilisation 

- Ecrire un poème à partir d’un “cadre” donné (nombre de vers, de pieds, rimes…) 

- Lire à haute voix des poèmes à présenter à … lors d’un spectacle 

- Réaliser un tract publicitaire pour … 

- Trouver, dans des journaux, des textes qui argumentent “pour“ ou “contre” tel projet, telle idée… 

 

CM 2

- Ecrire une courte nouvelle de science fiction 

- Ecrire le texte de présentation d’un roman

- Lire à haute voix aux copains de la classe un extrait d’un roman; pour leur donner envie de le lire

- Ecrire la des­cription d’un lieu à partir d’une photo, en restituant l’atmosphère de la photo 

- Rédiger, à partir de textes docu-mentaires, une fiche de synthèse pour en faciliter la mémorisation

- Construire une frise chronolo­gique montrant l’évolution de … à travers l’his­toire, à partir de divers documents sur ce  thème 

-Faire un exposé sur…

- Réaliser un montage élec­tronique à partir de la fiche explicative 

- Ecrire des énoncés de problèmes à proposer à…

- Ecrire la liste de critères de réalisation d’une tâche d’écriture donnée 

- Ecrire des poèmes les plus divers possibles dans leur forme, sur un thème choisi, pour réaliser collec-tivement un recueil (en s’inspirant de poèmes d’auteurs divers)

- Ecrire un article pour le journal local (ou celui de l’école), pour convaincre de l’importance d’un projet organisé dans l’école ou dans le village 

 

 
- Ce tableau n'est qu’un exemple. D’autres situations de communication écrite peuvent bien sûr être proposées à chacun des niveaux. Celles proposées peuvent être adaptées à  un autre niveau.
 - Pour un niveau donné, il est souvent nécessaire de différencier le niveau de complexité de la production attendue, pour qu’elle soit à la fois suffisamment difficile pour que chacun progresse, et dans le même temps accessible.
 - Plusieurs projets peuvent être conduits en lien avec les activités de mathématiques, sciences, histoire, géographie, éducation civique, EPS,…
- Chaque projet fait l’objet d’un travail pendant plusieurs semaines (environ 3 ou 4, selon les apprentissages mis en jeu…)
- Le cadre du projet n’est pas précisé ici pour chaque situation, et peut être modifié d’une année à l’autre selon le vécu de la classe (classes découverte, correspondance, fêtes, sorties, expositions…)

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Liste d’apprentissages ponctuels à proposer pour mieux lire / mieux écrire  un type de texte

Exemple : Pour réussir à lire/ écrire de mieux en mieux des textes à dominante  descriptive, il sera utile d’apprendre à

Lecture

- Repérer, parmi différents textes, ceux qui sont  à dominante descriptive

- Souligner dans des récits les passages descriptifs

- Repérer quelle est la structure d’une description ou d’un portrait donné : panoramique ? premier plan / second plan / arrière-plan ? zoom avant (d’une description d’ensemble à un gros plan sur un détail important) ? …

- Reconstituer un texte descriptif, à partir des éléments donnés en désordre

- Réinsérer dans un récit les passages descriptifs, à la place qui convient

Grammaire

- Utiliser différents procédés pour “répéter” une information sans utiliser les mêmes mots (ex : Le renard… L’animal… Il … Celui-ci…)

- Retrouver dans des textes les divers substituts utilisés pour remplacer un nom donné

- Repérer les moyens utilisés pour expanser des groupes nominaux afin de mieux décrire (adjectifs qualificatifs, compléments du nom, subordonnées relatives

- Utiliser l’un ou/et l’autre de ces moyens pour améliorer le texte écrit, en le rendant plus précis

Vocabulaire

- Lister dans divers textes les mots créant une atmosphère (inquiétude, sérénité, lumière, etc.)

- Introduire ces mots à bon escient dans un texte pour créer une atmosphère

- Remplacer des mots par d’autres pour changer l’atmosphère

- Retrouver les comparaisons ou métaphores utilisées dans un texte

Conjugaison

- Repérer les temps verbaux fréquemment utilisés dans des descriptions : présent ou imparfait

- Faire le choix d’utiliser l’un de ces temps verbaux tout au long du texte

- Réécrire un texte -donné au présent- à l’imparfait

Orthographe

- Repérer les accords à l’intérieur des groupes nominaux

- Vérifier que ces accords sont réalisés dans le texte produit

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C.2 - Faire des liens avec les situations antérieures

Si l’organisation de l’apprentissage vise à aider les élèves à se projeter vers la réussite, elle doit dans le même temps faciliter la mise en lien avec les expériences antérieures pour garantir au mieux la mise à disposition des acquis (connaissances, démarches de travail, manières de “penser” la situation…).
Il s’agit pour les élèves de relire les expériences antérieures à l’éclairage de cette situation nouvelle, pour y repérer ce qui sera à remobiliser ici. Ont-ils vécu des situations proches, à l’école ou à l’extérieur de l’école ? Qu’ont-ils appris alors ? Ont-ils à leur disposition des outils ( par exemple, listes de critères, de conseils pour réussir, listes de vocabulaire, règles de grammaire ou d’orthographe,…) qui seraient utiles ici ?

C.3 - Se confronter à la situation problème à résoudre
A différents moments de l’apprentissage, et dès la première séance, il est important que les enfants “s’essaient” à réaliser la tâche à réussir, même s’ils ne la maîtrisent pas totalement encore. Cela leur permet d’identifier plus clairement  ce qui est en jeu dans leur apprentissage, et de les rendre ainsi le plus possible acteurs de cet apprentissage. En faisant par exemple un premier essai d’écriture d’une lettre aux correspondants pour les questionner sur la vie dans leur pays, les élèves pourront à la fois réinvestir ce qu’ils savent déjà faire (ont-ils déjà écrit des lettres ? savent-ils les mettre en page ?…) et  repérer ce qui leur pose problème (comment écrire une phrase à la forme interrogative ? Comment varier la forme des questions ?…)
 C’est le lieu où ils pourront SE construire des moyens pour résoudre le problème, en réinvestissant les connaissances et procédures explicitées et entraînées plus ponctuellement à d’autres moments.

C.4 - Interagir entre élèves, en petits groupes

C’est au moment où les situations ne sont pas maîtrisées que les interactions entre élèves sont  particulièrement indispensables. Elles augmentent la possibilité pour chacun de prendre de la distance avec sa production, en la comparant à celle d’autrui. Elles permettent de prendre conscience des différentes manières de procéder et de leur efficacité dans la résolution du problème de lecture ou d’écriture posé. Ces phases de confrontations peuvent s’organiser de multiples façons : soit en proposant aux élèves de travailler directement en petits groupes de 2 ou 3, soit en organisant ces groupes après un temps d’essai individuel. La consigne peut être alors de comparer les productions, pour repérer ce qui est plus ou moins réussi dans chacune, et de chercher ensemble comment faire pour que chacun améliore son essai ; ou encore de conduire ensemble la réalisation de la tâche, en s’appuyant sur les premiers essais et en se mettant d’accord sur ce qui convient le mieux, etc.

C.5 - Expliciter et stabiliser progressivement des “conseils pour réussir”

En comparant leurs productions, à l’occasion des confrontations en petits groupes, les élèves vont progressivement pouvoir prendre conscience de ce qui fait la réussite de la tâche à réaliser. Ils observeront par exemple que le schéma réalisé à partir d’un texte technologique, pour expliquer aux autres comment fonctionne une écluse, est plus compréhensible si chacun des éléments nommés dans le texte est présent dans le schéma, s’il comporte les mots “techniques” utilisés dans le texte, ou si des flèches précisent les déplacements des différents éléments, etc.
Il sera ainsi possible de stabiliser progressivement, par écrit, ces points qui ont été explicités, sous forme de critères de réussite et/ou réalisation. Cet écrit sera le “référent” qui permettra aux élèves de se représenter de mieux en mieux, non seulement la tâche à réaliser mais également les moyens à mettre en oeuvre pour la réaliser.
Ces “conseils pour réussir” guideront la réalisation de la tâche et permettront aux élèves de s’assurer, en cours de réalisation ou/et après avoir mené à bien l’activité, que le produit ainsi réalisé pourra atteindre son but .
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Exemples de listes de critères réalisées avec des élèves
Conseils pour extraire les informations essentielles d’un texte et les organiser sous forme de fiche de synthèse
Je peux
• Avant de lire, me redire ce que je sais déjà sur ce sujet,
• Lire le document “en diagonale”, en ne regardant que les titres, les sous-titres, les illustrations, les mots mis en évidence
• Me poser des questions précises, et aller à la recherche des réponses dans le texte
• Mettre en évidence (au fluo par exemple) les mots qui apportent les explications importantes
• etc.
 
Critères de réussite d’une fiche de synthèse
La fiche sera réussie si :
• Elle n’est pas trop longue, elle comporte peu de mots.
• Elle est rédigée avec des mots-clés et groupes de mots, plutôt qu’avec des phrases
• Elle ne comporte que des informations essentielles
• Ce qui est écrit est vrai
• Le vocabulaire est précis, scientifique
• La structure du plan est mise en évidence par la mise en page
• Les informations sont regroupées par thème
• etc
C.6 - S’entraîner à mobiliser les connaissances et les processus utiles

Quand les élèves s’essaient à résoudre le problème de communication posé (cf. tableau de répartition), quand ils comparent leurs essais et explicitent “comment faire pour mieux réussir”, ils repèrent fréquemment la nécessité de mobiliser, dans cette situation, des connaissances construites antérieurement. Le simple fait de les expliciter leur permet effectivement de mieux les mobiliser. Mais il est également fréquent que ces connaissances, ces manières de procéder, leur fassent défaut.

C’est là, que les diverses séances de grammaire, orthographe, vocabulaire, ( cf. liste d’apprentissages ponctuels) … trouvent leur place. Elles sont alors conçues véritablement comme des moyens mis à la disposition des élèves pour mieux lire ou mieux écrire
[1] . Il ne s’agit pas simplement de “profiter de l’occasion” pour faire telle leçon, mais de proposer des activités qui DONNENT SENS à des notions ou à des méthodes de travail, qui permettent vraiment aux élèves de les percevoir comme des outils à mobiliser dans des activités plus globales d’écriture ou de lecture, pour résoudre les problèmes de communication qui se posent. Par exemple : Comment permettre à celui qui lira le portrait de ce personnage de le dessiner ? Concernant alors le rôle des adjectifs qualificatifs, on pourra proposer des activités visant à permettre aux enfants de se représenter un personnage à partir de la lecture d’un texte, puis aller à la recherche des mots qui ont permis de construire cette représentation ; ou encore “jouer” à enlever les adjectifs qualificatifs d’un texte descriptif, pour analyser s’il est encore possible de dessiner tel personnage … Ceci plutôt que les traditionnels exercices portant sur le repérage d’adjectifs, ou l’enrichissement de phrases hors de tout contexte et de tout problème de communication.
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Proposition d’organisation pour écrire en projet

Nous présentons ci-après une trame pour l’organisation de Chantiers d’Ecriture, élaborée à partir des propositions de Josette JOLIBERT et du Groupe de Recherche d’Ecouen.
Ecrire en projet pour acquérir des compétences d’écriture

1 - Négociation collective du projet

• En fonction d’un projet, identifier les caractéristiques de la situation de production écrite (écrire à qui, pourquoi…)

• Faire des liens avec d’autres situations rencontrées, repérer des connaissances et outils à utiliser.

Traces écrites éventuelles sous forme de notes ou de “conseils”

2 - Première écriture (essai…)

Individuellement ou en très petits groupes

 

3 - Confrontations et verbalisations

Dégager les caractéristiques

du type de texte

           

            • lecture par autrui

ou/et     • confrontations entre les écrits produits

            • confrontation avec des écrits sociaux du même type

Verbalisation des réussites et difficultés

et

Co-élaboration d’une liste (provisoire)

de critères de réussite

4 - Activités systématiques d’aide à l’apprentissage

• Lecture de textes du même type

Affiner le repérage des caractéristiques

• Grammaire de texte

• Grammaire de la phrase

• lexique

• conjugaison

• orthographe

(choix des aides nécessaires en fonction des difficultés repérées, des critères de réussite formulés)

5 - Réécriture

(plusieurs si nécessaire, avec passage

en 3 et 4 à nouveau)

 

Outil : liste de critères et référents divers élaborés en 4.

• s’y référer

• modifier si nécessaire ou compléter les critères

 

6 - Evaluation

Du projet d’écriture

Le message a-t-il été “reçu”, a-t-il atteint soin but ?

Réactions des camarades, du destinataire …

 

De la compétence

La compétence est-elle acquise ?

Chaque critère est-il réussi ?


HautConclusion

 

Rechercher une cohérence pour l’ensemble des apprentissages proposés en français. Le choix d’organiser l’apprentissage du français autour de la mise en oeuvre de projets de communication rend indispensable le décloisonnement des activités. Chacune des “matières” à enseigner peut alors devenir ressource dans la réussite du projet. Il est fréquent, en effet que les élèves aient  à se confronter à des situations de lecture aussi bien qu’à des situations d’écriture : lire des portraits pour y rechercher le vocabulaire à insérer dans leur propre texte descriptif par exemple, ou encore écrire un questionnaire-guide avant de faire une recherche documentaire… Des situations de communication orale y trouveront aisément leur place, quand il faudra par exemple confronter, analyser les essais, argumenter des choix, ou encore s’entraîner oralement à faire le portrait d’un personnage que les copains devront reconnaître, ou à se poser mutuellement des questions avant de chercher des documents… Quant aux apprentissages plus ponctuels de grammaire, orthographe, conjugaison ou vocabulaire, nous avons expliqué comment ils pouvaient prendre sens à l’intérieur du projet, pour mieux le mener à bien.

Garantir cette cohérence est la condition qui permettra aux élèves de donner sens aux différentes activités relativement “morcelées” dans le temps qu’ils rencontrent à l’école, de construire mentalement des liens entre elles, et d’avoir ainsi quelques chances de remobiliser à long terme ce qui a été acquis.
 
Construire des apprentissages à long terme
Si l’apprentissage s’organise autour de projets de communication, ce n’est pas la seule réussite immédiate de ces projets qui est visée. Le projet est « occasion » d’apprendre, prétexte à construire, à plus long terme, les processus mentaux complexes indispensables pour mener à bien une situation de lecture ou de production d’écrits :  repérer les dysfonctionnement dans son écrit en se mettant à la place du destinataire et y remédier, ou encore se questionner tout au long de la lecture d’un texte pour élaborer des hypothèses pertinentes et les vérifier.
Ce qui est demandé aux élèves est complexe et  ne peut être maîtrisé en une seule séance… ni même dans le cadre d’un projet conduit pendant trois ou quatre semaines. Les trois années du cycle sont indispensables ! Cela suppose un travail important en équipe de cycle, pour assurer à la fois une progression d’année en année dans la difficulté et le réinvestissement par les élèves de ce qu’ils ont acquis, construit, au cours de l’année qui précède.
 
Bibliographie
 
LACOSTE (N.), SIMONARD (M.-N.) et al., LIRE/ECRIRE aux cycles 2 & 3 et en sixième, Lyon, Les dossiers du CEPEC, n° 44, 1994
 
CHARMEUX (E.) Apprendre à lire et à écrire - 2 cycles pour commences, Toulouse, Ed. SEDRAP, 1993
 
GARCIA-DEBANC (C.), Objectif Ecrire, CDDP Lozère, 1987
 
JOLIBERT (J.), Former des enfants lecteurs, un enjeu fondamental pour une pédagogie de la réussite, Paris, Hachette, 1984
 
JOLIBERT (J.), Former des enfants producteurs de textes, Paris, Hachette, 1991
 
SIMONARD (M.-N.) et al., Lire et écrire des histoires en C.E./C.M./6ème, Lyon, Les dossiers du CEPEC, n° 46, 1995


[1] “L’étude du fonctionnement de la langue, en particulier de la grammaire et de l’orthographe, permet aux élèves d'améliorer leurs performances en lecture et dans la production d’écrits” Programmes pour l’école primaire, CNDP, 1995

 

 

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