Quelles activités sur fiches pour l'ecole primaire?
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Elisabeth LHERITIER


Le travail sur fiches apparaît comme l'une des activités indispensables dans la plupart des trois sections de l'école maternelle. Si parfois elles sont mal vécu en petite section (les élèves sont trop petits, ils n'ont pas assez d'attention, ils ne savent pas découper, colorier...), elles ne semblent pas remises en cause dans les autres classes. Mais, dans quelle mesure ces activités ont-elles du sens pour les élèves ? Comment peuvent-elle
s s'intégrer dans une démarche globale d'apprentissage et répondre aux besoins des élèves ? Sont-elles un outil pertinent de communication avec les familles ?

 

1- Des points de vue à discuter

A- Du côté des élèves

Face au travail sur fiches les élèves de toutes les sections de maternelle adoptent deux attitudes qui se traduisent par les remarques suivantes que les enseignants connaissent bien :
a- "maîtresse, je n'ai pas fait m'a fiche" ou "on n'a pas travaillé, aujourd'hui" ;
b- "non, encore des fiches !" ou "vite, je veux aller jouer".
Dans le premier cas, les enfants associent systématiquement le travail scolaire à une activité formalisée sur fiches. Il est alors nécessaire de s'interroger sur la représentation qu'ils ont de l'apprentissage. Celui-ci semble se réduire à des exercices écrits et les objectifs visés à travers eux passent au second plan. Les enfants centrés sur l'activité ne prennent plus conscience de ce qu'ils apprennent ni de ce qu'ils savent faire, deux éléments indispensables à la construction d'apprentissages durables.
Les deuxièmes remarques témoignent de la lassitude des enfants face à un travail répétitif et routinier dont ils ne voient pas le sens ni sur le plan des apprentissages ni au niveau de l'activité elle-même. Celle-ci ne correspond pas au projet des élèves.
Dans tous les cas les réflexions des élèves montrent qu'ils sont installés dans une logique de production. Pour eux, le but du travail scolaire consiste à rendre les fiches demandées. Une telle position nuit à l'appropriation par l'élève de compétences disciplinaires ou transversales.
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B- Le point du vue des parents

Les parents questionnent aussi les enseignants à propos des activités sur fiches.
D'une part, ils cherchent (surtout en grande section) à faire "rattraper" le travail non fait à la suite d'une maladie par exemple : "si vous me donnez les fiches, je vais lui faire faire".
D'autre part, ils comparent les travaux réalisés d'une année sur l'autre ou d'une classe à l'autre : "pourquoi ne font-ils pas autant ou les mêmes fiches que dans l'autre classe ?".
Enfin, leurs attentes pressantes concernant le classeur ou cahier rassemblant les fiches réalisées par leur enfant illustre l'importance que les parents accordent à cette forme de travail : "quand pourrons-nous voir les fiches ?".
Comme leurs enfants, les parents auteurs de ces remarques se situent dans une logique de production. Apprendre consiste à réaliser un maximum d'activités de qualité et communicables. Ce qui importe c'est le résultat de l'apprentissage et non le processus qui assure aux élèves le temps nécessaire de droit à l'erreur. Quand les enfants ont-ils alors la possibilité de faire des essais non communicables, destinées à mettre en évidence leurs réussites et leurs besoins ?

Exemple : en moyenne section les élèves veulent créer un décor avec différents personnages pour un spectacle.
D'autre part, cet intérêt pour le travail sur fiche comme seul vecteur de communication entre l'école et la famille, caractérise une représentation du travail scolaire comme étant centré sur l'écrit (ou ne pouvant se traduire que par des exercices écrits). Or en maternelle chaque journée est jallonée par des temps de vie, de motricité, de langage....qui sont autant d'activités qui font l'objet d'apprentissages. Ceux-ci ne nécessitent pas un passage par l'activité écrite. Alors la seule communication avec les parents par l'intermédiaire de fiches peut-elle rendre compte de tous les acquis ?
donner un exemple de forme de communication qui favorise le questionnement parents/enfants et qui n'enferme pas l'apprentissage dans une situation donnée
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C- Le regard des enseignants

Plusieurs raisons poussent les maîtres des écoles maternelles à utiliser le travail sur fiches.
Certains cherchent à répondre aux besoins de communication des parents.
D'autres, résolvent ainsi le problème que posent des classes aux effectifs très chargés : "avec tous ces élèves, au moins je suis sure qu'ils travaillent et je peux savoir ce qu'ils font".
D'autres encore avancent la nécessité pour les élèves de s'exercer pour s'approprier les apprentissages faits.
Les raisons invoquées s'appuient sur des problèmes réels : la communication avec les parents, les effectifs importants, le temps d'appropriation. Mais, elles suscitent aussi quelques interrogations :

- le rôle de l'enseignant de maternelle consiste-t-il à répondre aux attentes des parents ou aux besoins réels des élèves ? ; Ceux-ci nécessitent des pratiques différenciées qui se traduisent par la réalisation par les élèves de fiches différentes parce qu'adaptées à leurs difficultés et à leurs rythmes. Comment argumenter ces différences auprès des parents ?
- En quoi le travail sur fiches permet-il aux élèves d'apprendre ? ; Le regard de l'enseignant sur tous les travaux des élèves est-il nécessaire pour qu'ils apprennent ? En effet, pour que le travail sur fiche soit considéré comme un outil pour apprendre il est alors nécessaire que les élèves puissent accompagner leur travail de temps d'essais et de confrontation. L'organisation d'ateliers par exemple, leur donne-t-elle une place ?
- Si le temps d'appropration peut se traduire par un travail "écrit", celui-ci est-il nécessaire chaque jour (voire plusieurs fois par jour) ? ; Comment les enfants font-ils les liens entre ce travail et les autres temps du parcours d'apprentissage ?

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2- Y a-t-il une place pour le travail sur fiches en maternelle ?

1- Des fiches pour chercher

2- Des fiches pour rendre compte
* de ce que l'on fait
* de ce que l'on apprend

3- Des fiches pour répondre aux besoins d'un projet

3-Quelques conseils d'utilisation du travail sur fiches

Des conditions favorables
Des conditions défavorables

 

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Retour accueil CEPEC. Page mise à jour le 17/04/02