La question de l'alternance au Collège
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Texte d'Alfred Bartolucci

Sommaire :

A - Du déjà là à propos d’alternance en collège
B - Principes pour penser l’alternance définis en département Collège du CEPEC
C - Cadre de l’alternance défini par les textes
D - Diverses possibilités d’alternances en collège
E- Un exemple - Dispositif « projet individualisé d’alternance »
F- Questions / Réponses sur les dispositifs de diversification au collège reposant sur l’alternance.

 

A - Du déjà là à propos d’alternance en collège

Par alternance il convient d’entendre :

Ces quatre entrées pour définir l’alternance sont essentielles mais ne clarifient en rien le sens que l’on donne et l’orientation que l’on prend au collège quand on fait de la mise en place de dispositifs d’alternance une priorité. L’alternance en collège ça existe déjà : les 3ème SEGPA, les 3ème d'insertion, les CIPPA…. Dans « ces structures » des élèves « bénéficient » d’une formation par alternance dans le but de préparer leur projet professionnel et découvrir divers secteurs d’activité professionnelle par des stages.

SEGPA

Troisième d’insertion

CIPPA

Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté

 

Cycle d’insertion professionnelle par l’alternance

-          Prise en charge personnalisée des élèves.

-          Complémentarité des situations d’apprentissage

-          Pratique participative de l’évaluation

-          Préparation à suivre un cursus de formation professionnelle

-          Elaboration d’un projet personnel réaliste

-          Préparation au CFG

-          Stabilisation des apprentissages fondamentaux

-          Exploitation de situations concrètes et de démarches de projet (goût d’apprendre)

-          Promotion d’une évaluation claire, approche de type référentiel

-          Organisation souple du temps

-          Primauté de la socialisation

-          Réinscription dans un projet de formation

-          Préparation au CFG

-          Aide à faire le point sur soi, ses centres d’intérêt, ses potentialités

-          Préparation à entrer dans un cursus de formation

-          Elaboration d’un projet personnel réaliste

-          Apprentissages en réponse à des besoins

-          Stages au rythme de l’évolution du projet

-          Activités diversifiés tournées vers la responsabilisation

-          Durée de formation variable

Dans les rapides descriptifs des trois structures existantes en collège et qui pratiquent l’alternance on ne peut que relever des orientations qui seraient pertinentes pour bien des élèves en collège. D’ailleurs, ces divers lieux (SEGPA, Troisième d’insertion, CIPPA) ont été le creuset de pratiques innovantes en termes :

-         d’éthique de la relation (regard sur l’élève, place de l’élève

-         de référent, de démarches et d’outils d’évaluation

-         de souplesse d’organisation du temps de formation,

-         de mise en place de démarches d’apprentissage moins déductives

-         d’interdisciplinarité, de pratiques de pédagogie de projet

-         de coopération en équipe pédagogique, de multipartenariat

-          

Mais reconnaissons que, au grand dam souvent des enseignants intervenant dans ces classes, ces structures, dans les collèges où elles étaient implantées, ont aussi fonctionné comme commodité pour conserver dans les classes « normales » des pratiques dont l’ensemble du public du collège gagnerait à ce qu’elles évoluent. Notons aussi que l’alternance dont on parle ici ne concerne pas celle qui pourrait se mettre en place aussi, pour des élèves qui réussissent bien au collège, avec un partenariat autre que l’enseignement professionnel ou l’entreprise. Penser l’alternance en collège ne devrait pas être la solution par défaut !

La question de la « promotion » de l’alternance en collège n’est donc pas sans ambiguïté ni sans dangers.

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B - Principes pour penser l’alternance définis en département Collège du CEPEC

Il nous paraît utile d’énoncer quelques principes a avoir à l’esprit quand on réfléchit dans un collège en équipe à la mise en place d’un dispositif d’alternance. Cette liste n’est pas exhaustive, elle a été établie dans un temps de réflexion par des formateurs CEPEC qui travaillent la question :

Ces principes n’ont d’autre prétention que d’interpeller des conceptions de dispositifs d’alternance, qui comporteraient à l’insu de leurs auteurs des biais ou des germes de dérives. Certains de ces principes pourraient constituer un cadre de vigilance concernant l’alternance, inscrit dans le projet d’établissement.

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 C - Cadre de l’alternance défini par les textes

Nous présentons ci-dessous certains principes qui se dégagent des textes officiels relatifs à l’alternance. Certains énoncés rejoignent ceux que nous avons formulés mais le texte officiel dans son ensemble laisse apparaître des paradoxes voire des contradictions.

Ainsi on affirme « L’alternance comme dispositif de diversification des formes d’acquisition des connaissances » mais  « n’est proposée qu’à certains élèves qui manifestent un rejet des modes classiques d’apprentissage » : n’est-ce pas une façon de ne rien changer, pour l’essentiel, à l’organisation actuelle des enseignements du collège. L’alternance risque dans ces conditions d’être pensée comme une annexe du fonctionnement « normal » le préservant de toute « altération » et non comme une opportunité de l’ouvrir, de « le changer ». Peut-on dans ce cas parler d’alternance comme « composante du parcours individuel de formation comprenant un aménagement de l’organisation des enseignements », comme moyen « d’offrir à des élèves qui manifestent des intérêts extra-scolaires de les tester en situation » alors que son organisation est pensée en marge, sans incidence pour ce fonctionnement normal !

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D - Diverses possibilités d’alternances en collège

Ces nouveaux textes ouvrent une diversité de mises en place. Avec pragmatisme et une nécessaire vigilance, pour les collèges qui souhaitent tenter des expériences, nous présentons des catégories d’actions.   

1. Une classe spécifique (3 possibilités)  

2. Des élèves de classes différentes bénéficient de temps de découverte de la voie professionnelle.

Sortis de leur classe, les élèves concernés bénéficient d’un suivi groupé (idem cas 1)

3. Projet individuel de découverte de voie(s) de formation

Pour un élève particulier, en tenant compte de ses goûts et de son profil, il est proposé, dans le cadre d’un aménagement de l’organisation des enseignements, avec l’accompagnement d’un adulte référent à la fois :

 Ces classes, ces regroupements, ces dispositifs concernent des élèves, pour lesquels une diversité de réalités amène l’équipe pédagogique à penser qu’une formation de fin de collège ouvrant sur la connaissance de l’enseignement professionnel (secteurs d’activités, démarches propres d’enseignement, …) est, dans les conditions actuelles de fonctionnement du collège, préférable.

4.Projet personnalisé de découverte ou d’affirmation de ses goûts

Dans le cadre d’un aménagement général des enseignements, des élèves très différents peuvent, en fonctions de leurs goûts, de leurs talents, de leurs aspirations, mais aussi de leurs hésitations, se voir proposer :

Ici, dans le cadre d’une formation pour chacun en collège, il s’agit d’offrir aux élèves la possibilités de découvrir ou de tester des intérêts personnels.

 

Vigilances

1.        Pour qu’il y ait découverte de la voie professionnelle, ou d’une autre voie,  il paraît pertinent d’ouvrir à une variété de secteurs d’activités, une variété de voies.

2.        Dans la mesure où l’on parle d’alternance il y a nécessité de définir, le cadre du partenariat, le contenu de la convention Collège / lieu « alternatif »

3.        « La personnalisation » à certains moments de l’année du parcours d’un jeune au collège ne doit pas seulement fonctionner comme une soupape. Pour que cette personnalisation fasse bien partie du projet de formation du jeune (et non comme une mise à l’écart) il est essentiel que soit défini le cahier des charges de toute action particulière (penser l’articulation particulier/général).

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E- Un exemple - Dispositif « projet individualisé d’alternance »

1.      Objectifs  - Intentions

Affiner un projet personnel pour se remotiver, prendre conscience de certaines réalités, de ses compétences et potentialités, éviter les illusions « faciles », affirmer ou infirmer ses goûts, adapter ses attitudes scolaires en tenant compte d’un projet personnel, favoriser la distanciation, la connaissance de soi pour un meilleur épanouissement.

2.      Critères de choix de l’élève et de décision des professeurs

La décision de désignation de tel ou tel élève peut se faire sur la base de quelques critères non exhaustifs.

3.      Modalité de décision

Une telle décision dépend d’un dialogue élève, parents, équipe pédagogique. La proposition initiale peut venir de l’élève et sa famille ou de l’équipe pédagogique . Dans tous les cas l’élève doit adhérer au dispositif qui lui est proposé. 

Le fait d’accepter en quatrième ou en troisième de bénéficier d’un dispositif individuel d’alternance n’a aucune conséquence à priori sur les décisions ultérieures d’orientation.

4.      Compétences spécifiques visées (apprendre quoi ?)

Argumenter un choix personnel, modifier en justifiant certaines options d’un choix personnel

Mettre en œuvre une démarche de projet, réaliser une tâche dans la durée en tenant compte des consignes (du cahier des charges). Rendre compte d’une démarche de projet. S’adapter à un rythme de travail différent, à un mode de relations différent.

5.      Cahier des charges de l’articulation « collège / lieu(x) alternatif(s)

Ce cahier des charges définit l’articulation des objectifs et des moyens en lien avec ce qui doit être garantit et en lien avec le suivi qui est à assurer. Il intègre la définition des organisations internes des divers lieux pour accueillir le jeune et en particulier pour le collège il décrit les plages où l’élève s’absente de sa classe et les modalités prévues pour qu’il ne décroche pas.

6.       Outils d’évaluation et de suivi

7.      Evaluation globale de l’action

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F- Questions / Réponses sur les dispositifs de diversification au collège reposant sur l’alternance.

 

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QUESTIONS

REPONSES

1

Sur quelles bases sont mis en place, dans les collèges, les dispositifs en alternance ?

La possibilité de mettre en place, dans les collèges, pour certains élèves, au niveau des classes de 4ème ou de 3ème , des dispositifs spécifiques « dont les modalités d’organisation peuvent être spécialement aménagées, sur la base d’un projet pédagogique inscrit dans le cadre des orientations définies par le ministre de l’éducation nationale » est prévue par les textes relatifs à l’autonomie des établissements dans ces classes. (Arrêté du 14/1/02 sur l’organisation des enseignements du cycle central du collège ; BO n°8 du 21/2/02).

2

De qui dépend la mise en place d’un dispositif en alternance dans un collège ?

Il ne s’agit pas d’une structure imposée par une obligation institutionnelle mais d’un dispositif interne à l’établissement qui le met en place dans le cadre de son autonomie pédagogique pour répondre aux besoins de certains élèves. Ce dispositif doit être soumis au conseil d’administration. Il est intégré au projet d’établissement.
La répartition des élèves dans ce dispositif, qui participe de la diversification des parcours au collège, s’effectue sous la responsabilité du chef d’établissement.

3

Comment s’effectue l’admission des élèves dans un dispositif en alternance ?

Les conseils de classe permettent aux équipes pédagogiques de repérer les élèves, âgés d’au moins 14 ans, susceptibles de bénéficier d’un dispositif en alternance. A partir des intérêts manifestés par les élèves et de leur motivation, l’admission dans un tel dispositif leur est proposée par l’établissement sous réserve de l’accord des parents ou du représentant légal.
L’admission est donc contractuelle et volontaire.
Le contrat engage l’EPLE, la famille et l’élève.

4

N’y a-t-il pas risque de créer une énième structure pour élèves en difficulté ?

Non, il ne s’agit pas d’une structure mais d’un dispositif pédagogique interne qui participe de la diversification des parcours au collège.
Ce type de dispositif peut prendre deux formes :
Une modalité de parcours individualisé proposé à des élèves scolarisés dans des classes de 4ème et/ou 3ème ordinaires mais dont l’organisation de la semaine est partagée entre apprentissages scolaires et modules de découverte professionnelle.
Une modalité de groupe / classe regroupant des élèves qui souhaitent s’engager vers une voie professionnelle. Dans ce cas, l’emploi du temps intègre les aménagements (x demi-journées ou x journées) nécessaires pour assurer le volet découverte professionnelle du dispositif.
Ces deux modalités ne sont pas exclusives l’une de l’autre et peuvent parfaitement coexister.
Il s’agit d’une action pédagogique originale, incluse dans le projet d’établissement, laissée à l’initiative des équipes pédagogiques sous la responsabilité du chef d'établissement dans le cadre de l'autonomie de l'EPLE.

5

Avec quels moyens peut-on engager ce type de dispositif ?

Dans le cadre de la globalisation des moyens qui lui sont attribués, l’établissement a toujours la possibilité de consacrer une part de la DGH à la mise en place de ces dispositifs spécifiques.
En fonction de ses objectifs propres, l’établissement peut aussi ajuster les moyens horaires entre les disciplines.
Par ailleurs, en classe de 4ème, les IDD peuvent permettre d’articuler apprentissages scolaires et découverte professionnelle.

6

Comment se décide l’organisation pédagogique de ce dispositif ?

Chaque collège doit construire le dispositif approprié en fonction des besoins recensés et des ressources disponibles. Il revient au chef d’établissement de mener avec les équipes pédagogiques une analyse approfondie, d’élaborer en concertation un schéma de fonctionnement adapté à l’objectif poursuivi, d’obtenir les partenariats externes nécessaires à l’alternance, puis de soumettre ce projet pédagogique aux instances de décision, commission permanente et conseil d’administration. Les conseils des corps d’inspection peuvent être sollicités en tant que de besoin tout au long de l’élaboration du dispositif.
Il ne s’agit pas d’imposer mais de construire un dispositif en l’adaptant à la réalité et à l’histoire de l’établissement.

7

Ces élèves ne bénéficieront pas de tous les enseignements obligatoires.

Compte tenu du public, un enseignement aménagé peut éventuellement déroger aux programmes et aux horaires en vigueur, puisqu’il s’agit de réconcilier avec l’école des collégiens réfractaires au déroulement standard des cours.
Toutefois, il est indispensable de conserver globalement un enseignement disciplinaire de base, en référence au cycle central ou d’orientation, car il ne faut pas oublier que ces élèves doivent pouvoir présenter le brevet, mais sans hésiter à l’adapter dans ses démarches pédagogiques.

8

quels sont les enseignants qui participent à ce dispositif ?

Tout enseignant peut être appelé à participer à la diversification de l’enseignement au collège, dans le cadre du service qui lui est attribué par le chef d’établissement.
Mais, pour être pleinement efficace, la mise en place éventuelle d’un groupe classe homogène sur le principe de l’alternance repose, lui, sur la constitution d’une équipe enseignante solidaire et investie dès l’élaboration du projet.

9

Quels sont les moyens techniques utilisables ?

Les plateaux techniques des ateliers de SEGPA (lorsqu’il en existe), les ateliers des lycées professionnels, voire des CFA, les terrains d’initiation que peuvent constituer les entreprises.

10

Quel peut-être l’apport de la technologie ?

Le groupe d’experts présidé par le recteur Philippe Joutard travaille actuellement à une refonte des programmes de technologie du collège pour l’ensemble des élèves. L’enseignement de la technologie et des dispositifs en alternance pourront ainsi se compléter pour une meilleure connaisse du milieu professionnel par les collégiens.

11

N’est-ce pas la fin du collège unique ?

Non, c’est une forme de diversification des parcours au collège et c’est une évolution nécessaire vers un collège qui soit réellement pour tous. Les élèves concernés gardent leur statut de collégiens et restent sous la responsabilité du collège. La diversification vise également à une meilleure connaissance des diplômes de la voie professionnelle (CAP, BEP, et baccalauréats professionnels) et des métiers, en vue de favoriser chez les collégiens des choix positifs vers cette voie.

12

Quelles activités peuvent être proposées aux élèves lors des périodes en milieu professionnel, compte tenu de la réglementation existante ?

Pour se mettre en conformité avec le code du travail, un projet de décret, sur les modalités d’accueil des élèves mineurs en milieu professionnel, en en cours d’élaboration.
Il définira des activités qui peuvent être proposées aux élèves de 14 ans au moins inscrits dans un dispositif comportant une part d’alternance au niveau de la 4ème ou de la 3ème.

13

Que doivent comporter les conventions entre collèges et lycées professionnels ? entre collèges et entreprises ?

La convention élaborée entre collège et lycée professionnel (ou entre collège et entreprise) comprend un niveau général qui fixe le cadre du partenariat et une annexe individuelle par élève.
Au niveau général sont définis :
les conditions générales d’accueil des collégiens,
les objectifs pédagogiques poursuivis,
les modalités générales d’organisation (rôle de chacun, conditions d’encadrement, activités proposées, suivi, application du règlement intérieur, bilan),
les conditions de prise en charge des frais d’hébergement, de restauration, de transport,
les modalités d’assurance.

L’annexe individuelle fixe pour chaque élève les modalités pédagogiques précisément retenues (calendrier, horaires, nom du professeur responsable, nom du tuteur, liste des activités, évaluation, etc.).
La convention générale et la maquette de l’annexe individuelle sont validées par le CA.

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